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 ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS}

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MessageSujet: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Jeu 21 Fév - 18:29

Rien. Rien du tout. Nada. Semmi. Non, absolument aucune précieuse information. Même pas une infime. Le sort semblait se retourner contre la beauté hongroise aux allures de poupée. Elle qui espérait pourtant découvrir une chose. N'IMPORTE QUOI, contre la reine. Cette Marie-Antoinette qu'elle ne pouvait souffrir, ce serait-ce qu'un instant. Avec tous ses sourires et ses discussions idiotes, elle exaspérait Rozalia par sa bonne humeur et sa naïveté. Et il ne valait mieux pas énerver la demoiselle. C'était donc avec force d'hypocrisie qu'elle avait tenu la matinée avec l'Autrichienne. Elle remercia le Seigneur de lui avoir donné pouvoir de patiente en ce jour. Elle qui avait pourtant le sang chaud. Ses colères étaient de plus en plus fréquentes et pour des broutilles.

Autant que Marie-Antoinette était surnommée l'Autrichienne, Rozalia se faisait appeler l'Hongroise. Mais la simple évocation de son nom suffisait à faire peur aux Versaillais. En effet elle descendait d'une famille qu'on savait influente et cruelle en Hongrie. Pays rattaché à présent à l'Autriche. Rozalia se voyait donc obligée de coopérer avec la reine de France. Mais que ne ferait-elle pas pour augmenter son pouvoir ? Elle qui avait déjà étouffé son mari ? Rien ne pouvait arrêter la jeune femme. Elle était impitoyable. Pourtant, en ce jour, elle souhaitait plus que tout revoir un frère perdu il y a de ça quatre ans. Le seul être sur terre à l'avoir compris, elle, l'orgueilleuse et la capricieuse Rozalia. Elle avait ainsi donc décidé de s'entretenir avec le roi. Elle avait obtenu cette entrevue grâce à la reine. Comme quoi, elle n'était pas totalement inutile.

La Bathory se trouvait, en ce moment même, devant l'antichambre du bureau du Roi. Louis XVI lui inspirait une certaine pitié. Oh, il était loin d'être un roi idiot comme beaucoup se plaisait à le répéter. Il se faisait juste dépassé par les événements d'après Rozalia. La compassion n'était pas une émotion inconnue de la comtesse, elle l'éprouvait parfois. Mais elle préférait l'éviter. La compassion n'avait plus de place à ses yeux. Elle avait disparu depuis un certain moment déjà. Et puis la gentillesse n'était le fort de Rozalia, tout simplement.

Après un long moment d'attente entre nombre de courtisans, la jeune femme vit enfin la porte s'ouvrit. Un long soupir traversa ses lèvres. Enfin ! Ses jambes étaient toutes engourdies par l'attente et puis le fauteuil sur lequel elle était assise n'était plus très confortable après deux heures de patiente. Elle fut d'ailleurs obligée de s'appuyer sur les accoudoirs. Les convenances étaient mises à mal, mais à vrai dire, l' hongroise s'en contrefichait royalement. Elle aurait pu manger avec les doigts, cela ne l'aurait pas dérangé outre mesure. Elle tapota quand même sa robe mise pour la circonstance. Bien que coquette comme elle l'était, Rozalia était toujours habillée à la dernière mode. Elle ne portait jamais la même robe deux fois, sauf exceptionnellement si celle-ci lui avait vraiment plu. Et encore cela était affirmé une chose quasi impossible. Ses servantes avaient alors le droit à une nouvelle toilette tous les mois. Rozalia était peut-être cruelle, mais elle devait tout de même assurer son rang.

Ce n'est que lorsqu'elle prit un air hautain en passant devant les autres personnes attendant leur tour, qu'elle l'aperçut. Cet homme, elle l'avait déjà vu. Elle rechercha au fin fond de sa mémoire. Rozalia avait une excellente mémoire pour se souvenir des gens. Avantage ou inconvénient ? Elle ne saurait répondre. Mais en tout cas cet homme lui rappela un capitaine qu'elle avait croisé à un événement de la cour. C'était cet hiver. Elle avait essayé de le séduire. Bizarrement, il avait eu le même air préoccupé et énervé qu'aujourd'hui. Intriguée, la Bathory donna une bourse au valet en lui souriant : « Tenez. Donner cela au roi de la part de la comtesse Bathory. Il comprendra. »

Sur ce, elle commença à suivre le mystérieux capitaine jusqu'aux escaliers. Là elle s' arrêta et lui tapota l'épaule de sa main gantée de dentelle noire. Couleur bien funèbre pour un jour si radieux.

« Mon sieur ! Excusez-moi, mais il me semble que nous nous sommes déjà vus n'est-ce pas ? Ne seriez-vous pas capitaine, ou une chose dans ces eaux-là ? »

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Jeu 21 Fév - 19:55

Enfin! Le grand jour était venu! Gilbert avait obtenu une audience avec le roi. Il l'avait su il y avait de cela une journée à peine et n'avait donc pas eu beaucoup de temps pour préparer la façon dont il allait formuler sa demande devant le souverain. Le stress et l'impatience l'avaient torturé dès les premières minutes qu'il avait su qu'il avait obtenu son audience, mais il avait tenté de cacher ces sentiments pour se concentrer sur les paroles qu'il allait prononcer devant le roi.

Toute la nuit, il avait donc déambulé dans sa chambre, un verre de rhum à la main (oui, c'est excellent rhum qu'il avait bu dans les appartements de la princesse de Rohan. Il avait demandé la même sorte dans les siens), en marmonnant dans sa barbe ces paroles. Finalement, vers les petites heures du matin, l'homme décida qu'il était temps d'aller au lit et c'est ce qu'il fit. Cependant, il n'eût que quelques heures de sommeil avait qu'il ne faille se lever pour se préparer pour son audience.

Gilbert se regarda dans la glace lorsqu'il se réveilla. Les traces de sa nuit presque blanche ne paraissaient pas sur son visage encore jeune. Heureusement, d'ailleurs, car il n'aurait pas voulu mal paraître devant le roi! Le marquis choisit ses vêtements avec soin et alla même demander l'opinion à sa femme de chambre pour savoir si la couleur choisie n'enfreignait aucun protocole. C'est que cette femme savait tout de la Cour et elle était un vrai bijou pour Gilbert, que n'était arrivé il n'y a de cela qu'un an à Versailles.

Lorsqu'il fût fin prêt et que l'heure fut arrivée, le capitaine sortit de sa chambre pour se rendre dans l'antichambre du roi pour attendre son audience. Heureusement, il devait être dans les premiers à passer aujourd'hui puisqu'il n'y avait pas beaucoup de personnes qui attendaient. La Fayette jeta un regard autour de lui et se rendit compte qu'il semblait le seul nerveux dans l'assistance qui attendait de rencontrer le roi. Ils devaient sûrement être habitués, se dit-il, peut-être y avait-il quelques ducs ou ambassadeurs, qui sait?

La Fayette s'amusait à tenter de découvrir quel était le statut de ces personnes lorsque son tour de parler au roi fût arrivé. Une vague d'appréhension submergea notre pauvre marquis. Il avait si peur de mal formuler sa demande et de la voir aussitôt rejetée par le roi! Malgré ces sentiments qui chamboulaient Gilbert, celui-ci n'en montrait rien à l'extérieur et semblait aussi calme et posé que possible. C'est donc d'un pas assuré qu'il se rendit à l'intérieur de la salle où le roi recevait les audiences.

Lorsqu'il commença à parler, Gilbert fut, à sa grande surprise, plein d'éloquence et parût très sûr de lui. Le désir de l'aventure et la passion se lisait dans son regard brillant et il se rendit compte que si le roi refusait sa demande au moins, il avait fait de son mieux. Le capitaine raconta donc ce qu'il avait entendu à propos des colonies de l'Angleterre, sans parler que c'est des amis de ce même pays qui lui en avait parlé, bien sûr. Il savait qu'il y avait depuis toujours une guerre parfois ouverte, parfois non, entre la France et l'Angleterre. Il joua donc sur le fait que ces colonies appartenaient à l'Angleterre et que cela serait une énorme perte pour ce pays et une grande victoire pour la France si les colonies de l'Amérique britannique venaient à avoir leur indépendance. Il affirma donc au roi qu'il jugeait important que la France montre son appui envers cette Révolution très naissante.

Cependant, malgré tous ces bons arguments, le roi rejeta sa demande. Il lui dit que la France n'avait pas l'argent pour payer un voyage à un simple capitaine dans une contrée lointaine qui ne leur appartenait même pas. Il n'avait pas l'argent non plus à investir dans une quelconque rébellion de vulgaires colonies. Gilbert s'offusqua et tenta encore une fois de faire valoir son point, mais le roi resta sur sa position.

Alors, pour ne pas faire de mauvais pas devant le roi, surtout que Gilbert bouillait de colère à l'intérieur, le marquis décida de ne plus s'argumenter et de prendre congé du roi. Il savait bien qu'il avait commis deux erreurs d'étiquette, soit d'avoir argumenté plus qu'il ne le fallait avec son souverain, en plus de prendre lui-même congé. Mais il sentait qu'il ne pouvait en entendre plus et que ses erreurs allaient être bien plus grandes encore s'il restait.

Gilbert traversa l'antichambre avec le visage fermé qui annonçait la tempête à l'intérieur de l'homme. Il avait décidé de se rendre directement à ses appartements pour pouvoir se calmer. Un peu d'alcool lui ferait certainement du bien et, ensuite, il pourrait décidé de la suite de son avenir. Gilbert commençait donc à monter les escaliers lorsqu'une main légère se fit sentir sur son épaule.

En ayant l'idée absolue que cette main appartenait à quelqu'un qui allait lui reprocher sa conduite, Gilbert se retourna avec un air dur sur le visage. Le capitaine se rendit alors compte que c'était l' « Hongroise », qui se trouvait en face de lui. Gilbert se força à adoucir son visage, sachant bien qu'il se devait d'être des plus courtois possible devant cette dame qui semblait avoir un peu trop de pouvoirs à Versailles.

 « Mon sieur ! Excusez-moi, mais il me semble que nous nous sommes déjà vus n'est-ce pas ? Ne seriez-vous pas capitaine, ou une chose dans ces eaux-là ? »

Ces paroles rappelèrent à Gilbert ce fameux bal où il avait rencontré Rozalia. Celle-ci y avait été des plus charmantes et, d'ailleurs, le capitaine avait remarqué la grande beauté qu'elle dégageait. Mais il venait de s'argumenter avec un de ses amis lors de ce même bal et il était un peu en rogne lorsqu'il avait rencontré la comtesse. Il n'avait donc pas répondu vraiment à ses avances, n'ayant pas la tête à cela. Décidément, Rozalia arrivait toujours au moment où Gilbert semblait avoir mauvais caractère!

Un sourire éclaira le visage du capitaine, creusant des fossettes dans ses joues : «  Capitaine, en effet, et marquis également! N'est-ce pas à ce bal, il y a quelques semaines, que nous nous sommes rencontrés? »
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Jeu 21 Fév - 21:36

Rozalia n'avait pour habitude de parler aux hommes. Elle les saluait, leur souriait et le tour était joué. Elle pouvait passer une nuit dans les bras d'un quelconque noble qui lui plaisait un tant soit peu. Et aux premiers abords, cet homme ne semblait pas plus différent des autres et pourtant lors de leur première rencontre il l'avait snobé. Enfin presque. Alors qu'elle était magnifiquement vêtue. Elle lui en avait, bien entendu, voulu. L'orgueil, toujours l'orgueil et puis personne ne l'avait encore ignoré ainsi ! Mais elle avait fait comme si de rien était et elle avait jeté son dévolue sur une proie, plus appétissante encore que la précédente. A présent, elle se mordait les doigts, d'avoir oublié son nom. Rozalia avait beau pouvoir retenir les visages, les noms étaient pour elle un réel problème. Du moins quand elle n'avait vu la personne qu'une ou deux fois.

Lorsque le regard dur du capitaine se posa sur le visage lisse et blanc de la comtesse puis se radoucir, elle ne put que ressentir une certaine jouissance. Plus que les femmes, les hommes aussi la craignaient. Et la vanité s'afficha en grand sur sa figure. Elle était fière d'elle d'être aussi influente sur les Versaillais. Après tout, il y avait nombre d'italiens et d'autrichiens à Versailles, mais d' hongrois ? Pas beaucoup. Et lorsqu'elle en croisait un, Rozalia revoyait un peu du pays qu'elle haïssait tant. Mais les gens ne pouvaient comprendre pourquoi. Car, elle le cachait bien. Enfin à part quand elle croisait ce Mocenigo et qu'elle faisait tout pour le faire ramper à terre. Les gens se doutaient bien qu'il s'était passé quelque chose. Mais quoi ?

La hongroise chassa ses pensées bien désagréables d'un battement de cils. Elle détestait penser à ce goujat et préféra en cet instant, se consacrer tout entière aux mystérieux capitaine qui n'allait pas tarder à se dévoiler. Les mains de la comtesse étaient jointes sur sa jupe d'un bleu pervenche qui faisait ressortir la noirceur de ses yeux. Les abysses de l'enfer n'auraient pas pues paraître plus sombres et profondes qu'eux. Sa mère lui avait souvent reproché d'être son enfer personnel et Rozalia s'était fait un plaisir de devenir celui de tout le monde. Mais les hommes la considéraient plus comme une distraction qu'autre chose, alors la comtesse faisait avec .

« Capitaine, en effet, et marquis également! N'est-ce pas à ce bal, il y a quelques semaines, que nous nous sommes rencontrés? »

Remettant d'un geste gracile une mèche de cheveux rebelles derrière son oreille, Rozalia eu comme une révélation. Mais oui ! Elle se souvenait à présent de lui et de ces fossettes qui faisaient une grande partie de son charme. Roze se mordillait la lèvre, une habitude qu'elle avait prise dès qu'elle réfléchissait.

« Oui, il me semble bien monsieur et vous n'avez pas été des plus polis si je me souviens bien. »

Elle fit mine de le foudroyer du regard. Ce qu'elle faisait réellement en fait. Elle lui en voulait de l'avoir repoussé et voulait bien lui faire sentir qu'elle ne le portait pas dans son coeur. Du moins pour l'instant. Car en plus d'être une garce née, Rozalia était susceptible et rancunière. Deux défauts qui étrangement, faisaient la paire.

« Vous savez je n'ai pas pour habitude d'être ignorée ainsi par un homme ... puis-je savoir pourquoi vous êtes vous comporté comme un mufle ? »

Ses sourcils joints, son regard droit devant elle et la voilà qui commençait à s'énerver. Le marquis de la Fayette devait la trouver bien étrange avec ses sautes d'humeurs, mais elle était comme cela. On ne pouvait pas la changer. Et après qu'elle ai repris son calme, elle se balança sur ses talons, mordillant toujours sa lèvre.

« Ainsi, vous aussi vous aviez une audience avec le Roi ? »

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Ven 22 Fév - 21:18

Alors que Gilbert répondait à Rozalia, il se permettait de la détailler un peu plus, chose qu'il n'avait pas eu la tête à faire lorsqu'il avait rencontré la dame pour la première fois. Il y avait quelque chose de malsain dans cette femme, quelque chose de très sombre. Ses yeux, d'ailleurs, témoignaient de cette noirceur. Étrangement, au lieu de détester tout de suite cette femme qui semblait loin d'être abordable, Gilbert n'en fut que plus curieux. Il avait l'impression qu'il voulait en savoir plus, découvrir le secret qui pouvait donner cette impression, alors que la comtesse de Bathory avait pourtant un visage si agréable à regarder.

D'ailleurs, celle-ci se mordit délicatement les lèvres avant de lui réponse, geste qui ne rendait que plus attirante cette femme, si ce n'était que le regard qui était posé sur lui semblait des plus calculateur.

« Oui, il me semble bien monsieur et vous n'avez pas été des plus polis si je me souviens bien. »

Sur ces paroles, la comtesse foudroya du regard Gilbert, qui ne put que sourire face à ces manières. Il savait bien qu'il n'avait pas été très poli lorsqu'il l'avait rencontré pour la première fois, mais il savait également que ce n'était aucunement dans ses habitudes. Il doutait que cela se reproduise et, de ce fait, il ne se sentait pas coupable le moindre du monde... Chacun avait ses mauvaises journées, non?

« Vous savez je n'ai pas pour habitude d'être ignorée ainsi par un homme ... puis-je savoir pourquoi vous êtes vous comporté comme un mufle ? »

Gilbert inclina la tête comme pour s'excuser, mais il y avait certes un peu de moquerie dans ce geste, ce qui tournait un peu à la dérision les paroles supposément outrée de la jolie, mais caractérielle Hongroise.

«  Eh bien, vous savez combien les hommes tiennent à faire entendre leurs idées? Je venais alors de m'argumenter sérieusement avec l'un de mes amis. Il ne voulait pas se ranger à ma position et cela m'énervait considérablement. J'étais donc dans une humeur qu'on ne pourrait pas qualifiée de très agréable lorsque l'on s'est rencontré. Mon humeur prenant le pas sur mes bonnes manières, je n'ai pu vous saluer convenablement. J'espère que vous m'en excuserez. », fit Gilbert. Ses paroles étaient empreintes de courtoisie, mais son regard témoignait du contraire. Il ne savait comment il pouvait l'expliquer, mais il se doutait que cette rencontre avait plus blessé l'Hongroise qu'elle ne le montrait. Il avait entendu dire que bien peu d'hommes pouvaient résister devant sa grande beauté et son caractère tempétueux et de se faire rejeter de la sorte n'avait pas dû lui plaire... C'est donc ces pensées qui laissaient un sourire légèrement moqueur sur les lèvres du capitaine.

La comtesse de Bathory changea alors d'attitude, aussi subitement qu'elle l'avait faussement fustigé. La jeune femme se mordit une nouvelle fois la lèvre et se balança légèrement sur ses talons. Gilbert devait s'avouer que s'il n'avait pas connu la réputation de cette femme, il aurait certainement tombé sous le charme par ces gestes empreints de candeur et de gracieuseté. Rozalia savait décidément comment agir pour se rendre irrésistible.

« Ainsi, vous aussi vous aviez une audience avec le Roi ? »

Gilbert acquiesça légèrement, son regard toujours plongé dans celui de l'Hongroise.

- « En effet, c'est un sujet d'un voyage. C'est d'ailleurs sur cette même question que je me suis argumenté avec mon ami. Ce sujet me tient beaucoup à cœur. Et qu'est-ce qu'une comtesse avec autant d'influence que vous pouvais bien demander à notre bon souverain, dites-moi? », demanda le capitaine, en penchant légèrement la tête de côté.
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Ven 22 Fév - 23:11

Calculatrice, Rozalia l'était. Tout son être sentait le calcul et l'hypocrisie à plein nez. Elle adorait manipuler les gens pour obtenir ce qu'elle désirait. Elle l'avait toujours fait et elle comptait bien continuer pour son bon plaisir. Déjà jeune, elle ne se servait que de gens qui avaient pour elle un intérêt quelconque. Et cela avait toujours marché pour elle. Sauf une fois. Une seule et unique fois. La seule fois où elle avait été aveuglée par l'amour et la naïveté. Rozalia maudissait l'année de ses 14 ans autant que celui qui c'était moqué d'elle. Pourtant, aujourd'hui, devant le marquis de la Fayette, elle remercia pour la première fois de sa vie cet instant de faiblesse. Car sans lui, elle ne serait pas devenue la femme qu'elle était à présent. Beaucoup de personnes la rencontrant pour la première fois la trouvait superficielle et enfantine avec ses sautes d'humeur et ses éternels caprices. Mais ils ne savaient alors pas de quoi était capable la jeune femme.

La Bathory ne cessait de mordiller ses lèvres qui devenaient de plus en plus rouges. En réalité la plupart des dames le faisaient pour les faire rougir et se pinçaient également les joues pour sembler plus fraîches. Que d'illusions ! Devant tant de désespoir, Rozalia n'avait pu que se moquer de ces femmes de quarante ans qui voulaient en paraître vingt. Bien sûr, pour la hongroise seule l'apparence comptait, mais quand on ne ressemblait qu'à une vieille pomme ridée ... Bref, on ne pouvait résoudre un cas désespéré. Et Rozalia étai tégalement un cas à résoudre. Tant de mystère chez une femme, cela n'était pas commun. Mais tout le monde savait que les belles femmes cachaient nombre de secrets. Et en ce moment, rien n'importer plus à "a gyönyörű" que de sembler à son avantage devant le marquis, pour voir sa réaction. Elle le sondait.

Son regard se fit aussi dur que l'acier devant l'air moqueur du capitaine. Plus encore que l'indifférence, Rozalia ne supportait pas la moquerie envers elle. Vexée par le fait que cet homme ne la prenne pas au sérieux, elle serra le fin tissus de sa jupe dans ses doigts graciles.

« Eh bien, vous savez combien les hommes tiennent à faire entendre leurs idées? Je venais alors de m'argumenter sérieusement avec l'un de mes amis. Il ne voulait pas se ranger à ma position et cela m'énervait considérablement. J'étais donc dans une humeur qu'on ne pourrait pas qualifiée de très agréable lorsque l'on s'est rencontré. Mon humeur prenant le pas sur mes bonnes manières, je n'ai pu vous saluer convenablement. J'espère que vous m'en excuserez. »

Les hommes et leurs idées. Rozalia ne put retenir un sourire moqueur devant ce fait. Oui, elle savait combien la politique était importante pour les hommes et comment ils la défendaient. Elle les trouvait d'ailleurs assez drôle de se battre pour cela. La prospérité d'un pays était basée sur les idées des hommes. La paix ne tenait qu'à un fil. Et parfois ce fil se cassait pour laisser place à la guerre.

« Oui, je ne le sais que trop bien ! Il me semble même parfois qu'il n'y a que cela qui leur importe. Mais monsieur, seriez-vous un de ces hommes qui ne supporte pas l'opposition ? Rozalia arqua un sourcil brun d'un air interrogateur, son sourire toujours sur ses lèvres. Je dois vous dire que je préfère les hommes qui ne reculent pas devant les défis qui leur sont donnés. »

Un pas en avant et elle se retrouva bien près du marquis. Trop près pour que les convenances soient respectées. Mais Rozalia faisait fi des convenances. Et puis le regard des nobles passants près d'eux ne faisait qu'accentuer son sourire. Elle les méprisait tous. Et elle adorait ça. Son dédain attirait les hommes comme des mouches.

« Peut être ... peut-être pas ... Préféreriez-vous m'avoir pour amie ou pour ennemie monsieur le marquis ? »

Son souffle sucrée se mélangeait à celui du capitaine. Elle avait prononcé cette phrase dans un chuchotement. Après quelques secondes, elle se recula d'un pas. Son regard était rivé à celui du marquis.

« En effet, c'est un sujet d'un voyage. C'est d'ailleurs sur cette même question que je me suis argumenté avec mon ami. Ce sujet me tient beaucoup à coeur. Et qu'est-ce qu'une comtesse avec autant d'influence que vous pouvait bien demander à notre bon souverain, dites-moi? »

La comtesse tapota sa robe pour se donner une certaine contenance. Pourquoi voulait-elle une audience avec le roi ? Eh bien, elle ne le savait pas elle-même à vrai dire. Et puis souhaitait-elle le révéler à un inconnu ? Elle ne le savait pas également. Mais après tout qu'avait-elle à perdre ? Sa réputation ? Le marquis ne semblait pas être une commère.

« Oh ! Et un voyage pour aller où ? Et qu'est-ce qu'une comtesse hongroise comme moi pouvait bien demander au roi de France ? Eh bien ... Je ne le sais pas moi-même. Je comptais retourner quelques semaines en Hongrie, mais finalement je me demande si c'est une bonne idée. »

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Sam 23 Fév - 18:32

Gilbert vit bien que le regard de Rozalia se durcit lorsqu'il avait prit un air moqueur pour lui répondre. Cela ne fit que rajouter un peu de gaîté dans la journée du capitaine. Après tout, elle avait si mal commencée, avec le refus du roi... Il pouvait se permettre de s'amuser un peu, non? La Fayette savait bien qu'il jouait à un jeu dangereux de s'amuser ainsi de l'Hongroise, mais de savoir que la fierté et l’orgueil de cette dame pouvait s'effriter un peu lui apportait un peu de satisfaction, il devait bien se l'avouer.

- « Oui, je ne le sais que trop bien ! Il me semble même parfois qu'il n'y a que cela qui leur importe. Mais monsieur, seriez-vous un de ces hommes qui ne supporte pas l'opposition ? », demanda Rozalia, avant de continuer : Je dois vous dire que je préfère les hommes qui ne reculent pas devant les défis qui leur sont donnés. »

Gilbert se doutait que c'est devant ce genre de phrases que les hommes devaient trembler devant Rozalia. Ils devaient se demander que répondre pour pouvoir plaire à la belle Hongroise et peut-être avoir une chance de la séduire un tant soit peu. Cependant, Gilbert s'amusait un peu trop en ce moment pour penser à ce genre de choses et, bien que la beauté de l'Hongroise ne pouvait être réfutée, le capitaine ne pensait pas à la courtiser en ce moment.

- « L'opposition? Hmm, quelle question intéressante! Eh bien, je dois vous avouer que je défends mes opinions souvent avec un peu trop de convictions et que mon plus grand bonheur vient de ranger les autres à ces mêmes opinions. Cependant, sans l'opposition, ma vie serait des plus ennuyantes. Il n'y aurait pas de débats et les journées seraient bien mornes. Alors, je supportes l'opposition, mais je tentes à tous les coups de la ranger à mes côtés... », Gilbert fit un sourire taquin à l'Hongroise, « et j'y arrives bien souvent, d'ailleurs. »

La jeune femme s'approcha alors de Gilbert, plus près que le permettait les convenances. Cependant, La Fayette ne bougea pas d'un poil, gardant son regard dans les abîmes sombres de l'Hongroise. Cette femme l'intriguait au plus haut point. Il n'avait jamais encore rencontré de femmes qui semblait si sûre d'elle et si... Provocatrice. Le capitaine avait l'impression que Rozalia voulait tirer quelque chose de lui, qu'elle voulait le pousser dans ses retranchements. Était-ce comme cela qu'elle agissait avec tous les hommes? Gilbert en était presque certain, mais ce qu'il savait aussi, c'est qu'en ce moment, son plus grand rêve lui avait été refusé et il ne cherchait que quelques distractions. Cette conversation tombait donc pile poil pour lui remonter un peu le moral.

« Peut être ... peut-être pas ... Préféreriez-vous m'avoir pour amie ou pour ennemie monsieur le marquis ? »

Gilbert la regarda un moment, comme pour sonder le regard de la belle Hongroise. Celle-ci s'était rapprochée un peu plus de lui, mais Gilbert ne recula pas. Au contraire, le capitaine baissa légèrement la tête, ses yeux dans ceux de Rozalia, et lui répondit sur le même ton :

- « Je crois que vous connaissez bien votre réputation pour savoir que personne ici ne voudrait faire partie de vos ennemis. Seulement... Je crois également que nous ne nous connaissons pas encore assez pour que je souhaites vous avoir dans mes amis. Vous êtes... Sauf votre respect, madame, le genre de personnes dont on doit se méfier. Mais je crois que vous êtes déjà au courant de cela, n'est-ce pas? »

Rozalia se recula alors et répondit à la question qu'il venait de lui poser :

-« Oh ! Et un voyage pour aller où ? Et qu'est-ce qu'une comtesse hongroise comme moi pouvait bien demander au roi de France ? Eh bien ... Je ne le sais pas moi-même. Je comptais retourner quelques semaines en Hongrie, mais finalement je me demande si c'est une bonne idée. »


Que voulait dire cette dernière phrase? Gilbert eut un petit sourire, ainsi Rozalia tentait encore de le prendre dans ses filets? Il allait bien s'amuser, alors!

- «  Un voyage pour partir en Amérique. Mais plus besoin d'en parler, puisque le roi me l'a refusé. En Hongrie, hmm? Pour voir de la famille je supposes? »
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Sam 23 Fév - 20:12

Rozalia était, en ce moment très précis, perturbée par quelque chose. Le marquis ne semblait pas être séduit par son charme et sa beauté, ce qui la contrarié fort. Comment faisait-il ? D'habitude, les hommes se jetaient sur elle et la jeune femme n'en faisait qu'une bouchée ! Cela avait toujours été comme cela et rien ne devait changer ! Rozalia détestait le changement autant que les gueux et elle le faisait bien sentir.Mais, cette fois, cela semblait différent. Rah ! Pourquoi ? Pourquoi lui résistait-il ? Il était quasi impossible que Rozalia ne lui plaise pas. L' hongroise était magnifique. Aucune tares, aucun défauts. Rien. Le marquis était plus amusé qu'autre chose par la situation et cela la jeune femme ne pouvait le souffrir.

« L'opposition? Hmm, quelle question intéressante! Eh bien, je dois vous avouer que je défends mes opinions souvent avec un peu trop de convictions et que mon plus grand bonheur vient de ranger les autres à ces mêmes opinions. Cependant, sans l'opposition, ma vie serait des plus ennuyantes. Il n'y aurait pas de débats et les journées seraient bien mornes. Alors, je supportes l'opposition, mais je tentes à tous les coups de la ranger à mes côtés... et j'y arrives bien souvent, d'ailleurs. »

La jeune femme fit un sourire en coin. La modestie était chez les hommes, une qualité presque méconnue. Mais après tout, à Versailles rien n'était modeste. Il fallait donc coller avec le paysage. Et Rozalia était, elle aussi, parfaitement intégré dans l'ambiance malsaine de ce pays-ci. Tout n'était qu'apparence et la comtesse n'était que ça.

« Oh vous croyez ? Je serais bien curieuse de voir cela. »

Séductrice, elle l'était. Elle déployait des moyens de séduction, un sourire, un regard mais ça ne semblait pas marcher. Il était là souriant, fière de son coup d'éclat. Et cela avait tendance à grandement agacer la comtesse qui prévoyait déjà de lui faire subir les foudres de ses sots d'humeurs. Elle bouillait de l'intérieur. Mais s'évertuant au plus grand calme, elle prit une seconde de réflexion en fermant ses paupières pour les rouvrir juste après, toujours collée au marquis. Ses mains sagement posées sur le devant de sa robe.

« Je crois que vous connaissez bien votre réputation pour savoir que personne ici ne voudrait faire partie de vos ennemis. Seulement... Je crois également que nous ne nous connaissons pas encore assez pour que je souhaites vous avoir dans mes amis. Vous êtes... Sauf votre respect, madame, le genre de personnes dont on doit se méfier. Mais je crois que vous êtes déjà au courant de cela, n'est-ce pas? »

Rozalia avait envie de rire. Sa réputation ? Oui, elle ne la connaissait que trop bien ! Elle-même se faisait un plaisir de la renflouer à chaque minute. L' hongroise était connue pour être cruelle, séductrice, influente, manipulatrice, hypocrite. Que de défauts chez une si jolie dame. Pourtant, elle pouvait se montrer attentive et gentille quand elle le voulait. Enfin seulement avec les gens de sa famille. Les apparences avant tout. Il ne fallait pas qu'on voit en elle une quelconque faiblesse.

« En effet, monsieur, je la connais mieux que quiconque et faites en sorte de ne pas ignorer ce qui est dit sur moi. La plupart du temps, c'est vrai. »

Décidée à obtenir cet homme qui semblait se moquer d'elle à chaque instant, elle recula d'un pas, son regard soudain fermé. Si la séduction ne marchait pas, elle allait faire l'indifférente. Après tout, aux grands meaux les grands remèdes.

« Un voyage pour partir en Amérique. Mais plus besoin d'en parler, puisque le roi me l'a refusé. En Hongrie, hmm? Pour voir de la famille je supposes? »

Oh, oh ! Le marquis venait de lui tendre une perche et Rozalia en profita pour bien la saisir. Ainsi, le roi lui refusait son voyage en Amérique ? Cette contrée que bien du monde convoitait ? Alors, elle allait peut-être le lui obtenir. S'il décidait enfin de jouer son jeu ...

« Oh, quel dommage qu'il vous ait refusé ce voyage ! Il avait l'air de vous tenir à coeur à ce que je vois. Vous savez je connais bien le roi, il ... Pour ma famille ?! Non ! Grand Dieu, non ! Mon père ne supporte pas de me voir depuis ma naissance et ma mère me hait depuis mes quinze ans ... Non, j'y vais pour une cause plus personnelle. Une vieille connaissance voyez-vous ? Et puis je voudrais voir à quoi ressemble mon unique fils. »

Cette dernière phrase était prononcée avec dégoût. Rozalia n'aimait pas son enfant qui n'était même pas de son mari qu'elle avait assassiné. Mais, il fallait bien trouver une excuse. Malheureusement pour la jeune femme, la carte de la mère présente pour son enfant ne lui allait pas du tout.

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Dim 24 Fév - 1:52

Gilbert avait un petit sourire indécollable sur son visage. Quelqu'un d'autre l'aurait vu, qu'il aurait cru que le capitaine tentait seulement d'avoir un visage avenant et d'être ainsi agréable à la comtesse de Bathory. Cependant, la réalité était tout autre. Gilbert avait bien perçu que son petit manège héritait Rozalia. Il ne l'avait que légèrement remarqué, dans ses gestes auparavant gracieux qui étaient maintenant légèrement plus secs ou dans la dureté de ces iris sombre qui tentaient de l'enjôler, mais il se disait que si Rozalia avait laissé ces petits indices se faire remarquer, c'est que l'émotion était probablement beaucoup plus grande qu'elle ne le laissait paraître. Le sentiment de satisfaction qui résultait de cette découverte surpassait presque la déception qu'il avait eut, il y a quelques heures à peine.

« En effet, monsieur, je la connais mieux que quiconque et faites en sorte de ne pas ignorer ce qui est dit sur moi. La plupart du temps, c'est vrai. », fit la comtesse, lorsque La Fayette lui parla de sa réputation.

À ces mots, Gilbert inclina légèrement la tête en signe d'assentiment. Il avait bien comprit la menace et tâcherait de s'en souvenir... Du moins, il essayerait. Car, pour l'instant, Gilbert se demandait bien comment la comtesse pourrait lui faire du mal pour une simple conversation. C'est qu'il n'était que marquis et capitaine et donc, n'avait presque rien à se faire enlever et elle ne pouvait pas même lui faire du chantage sur son prochain voyage, puisqu'il n'y en avait pas... Quoique...

« Oh, quel dommage qu'il vous ait refusé ce voyage ! Il avait l'air de vous tenir à coeur à ce que je vois. Vous savez je connais bien le roi, il ... Pour ma famille ?! Non ! Grand Dieu, non ! Mon père ne supporte pas de me voir depuis ma naissance et ma mère me hait depuis mes quinze ans ... Non, j'y vais pour une cause plus personnelle. Une vieille connaissance voyez-vous ? Et puis je voudrais voir à quoi ressemble mon unique fils. »

Elle avait un fils? La question survola à peine les pensées de Gilbert, elle ne les effleura même pas. « Vous savez je connais bien le roi, il ... », ça. C'était ce qui était resté cloué dans l'esprit du capitaine. Pourquoi n'y avait-il pas pensé avant? Mais quel fou était-il! Bien sûr que la comtesse de Bathory avait du matériel pour lui faire faire du chantage. Si ce n'était pas de lui enlever son voyage, c'était de faire créer la tentation d'un espoir renouvelé. Gilbert acquiesça vaguement à la suite des paroles que Rozalia avait dit, mais son esprit était manifestement ailleurs, quoique son regard était resté sur celui de la jolie hongroise. Comment devait-il agir maintenant?

- « Votre fils unique, dites-vous? Mais vous n'allez donc pas voir votre mari? Je m'étais pourtant fait l'idée qu'il était resté en Hongrie, puisque vous être ici seule... », fit Gilbert, plus pour tenir la conversation que d'autres choses.

C'est que, voyez-vous, lorsque Gilbert avait un désir, voir un rêve, il faisait tout pour que celui-ci se concrétise. Alors, lorsque le roi lui avait refusé de faire son voyage en Amérique, une idée avait commencé à germer dans l'esprit du capitaine. Et si... Et s'il partait tout de même? Que pouvait-il bien lui arriver? Il pourrait monter un équipage lui-même, chercher des fonds, trouver un capitaine et un bateau... Certes, cela semblait une idée loufoque, voire même folle, mais c'était tout ce qui lui restait. Cependant, Rozalia venait de faire comprendre quelque chose à Gilbert. Il n'avait certes pas le pouvoir d'influencer le roi, mais elle, elle l'avait.

Lorsque Gilbert parla, son ton n'avait pas changé, son sourire n'avait même pas abandonné ses légères traces de moquerie. Le capitaine savait que son indifférence face à la comtesse avait capté l'attention de celle-ci. Il l'utilisait avant pour s'amuser, maintenant c'était pour arriver à ses fins.
- « Et ce voyage, dites-moi, l'avez-vous eu? », demanda Gilbert.
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Dim 24 Fév - 21:35

Rozalia sentit qu'elle avait mouche. Et toc un point pour elle et tant pis pour le marquis. La relation qu'elle entretenait avec le roi était purement politique, il était le seule à ne pas l'avoir regardé comme une magnifique femme, mais comme une saleté d' hongroise qui avait beaucoup trop d'influence. Malgré tout, il était resté polie et courtois envers Rozalia qui s'était fait à l'idée de ne pas possédait Louis XVI dans son tableau de chasse. Mais à présent, elle ne le regrettait pas. Le roi de France n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appelé un bel homme. Et c'est avec un certain calme que la comtesse savoura la petite étincelle d'attention que le marquis venait de lui donner. Décidément, elle était trop forte.

« Votre fils unique, dites-vous? Mais vous n'allez donc pas voir votre mari? Je m'étais pourtant fait l'idée qu'il était resté en Hongrie, puisque vous être ici seule... »

La jeune femme avait une folle envie de rire. Elle se retint de justesse en se mordant l'intérieur de la joue. Elle voir son mari ? Pufff, déjà qu'elle avait trouvé l'excuse complètement farfelue de rendre visite à son fils. Alors à son mari ? Et en plus il était mort. Ce qui laissait à Rozalia le champ libre en fait. Elle pouvait donc faire ce qu'elle voulait, et se remarier était la dernière chose qu'elle voulait. Elle possédait une liberté que beaucoup de femme de son âge enviaient. Après tout, pas besoin d'assurer la descendance. Rozalia avait déjà un héritier mal pour sa famille.

« Oui, mais, mon mari n'est plus de ce monde. Vous savez, la réputation ... »

La jeune femme lança un long regard à l'homme qui semblait bien se moquer d'elle et de sa fâcheuse tendance à être impulsive. Et ce regard voulait tout dire. Il pouvait bien rire et garder ce petit sourire sur ses lèvres, Rozalia savait que c'était elle qui possédait le pouvoir. Mais étrangement, elle ne désirait pas réduire en cendres cet inconscient. Non, avant elle allait s'amuser un peu avec et puis ... il était plutôt beau, il fallait l'avouer.

Puis une idée traversa l'idée de la Bathory ... Est-ce que le marquis de la Fayette était marié ? Cela serait tellement plus drôle ! Elle pourrait au moins le titiller sur un point, peut-être sensible. Après tout bien des hommes n'aimaient pas leur femme. Et Gilbert faisait peut-être parti de ces hommes. Et puis, il semblait plus se préoccuper de son voyage en Amérique, que de supporter la compagnie de sa femme. S'il en avait une. Ce qui arrangeait tout de même Rozalia.

« Et vous monsieur, êtes-vous marié ? Je serais bien curieuse de voir votre femme et à quoi elle ressemble. »

Sûrement à un laideron, pensa Rozalia tellement fort que tout le monde pouvait l'entendre. Elle aurait même juré voir une vieille pie d'une soixantaine d'années se retourner vers elle. Mais la comtesse n'en avait rien à faire. De toutes manières tout le monde, la plupart du temps, croyait savoir ce qu'elle pensait. Quand elle n'aimait pas une personne cela se voyait à des pieds de là. Mais Rozalia était également très experte en ce qui concernait le mensonge. Elle mentait comment elle respirait. Alors, savoir ce qu'elle pensait réellement au fond, c'était en vérité très difficile.

« Et ce voyage, dites-moi, l'avez-vous eu? »

Ah nous y voilà ! Ben non, elle n'avait pas eu cette audience. Et à cause de qui, on se le demandait bien. N'est-ce pas ? C'était sa faute à lui et de ..de ... du fait qu'il l'intriguait, qu'elle l'avait suivi lui plutôt que le valet de Louis XVI. Rozalia avait même dû donner une bourse assez remplit pour que le roi ne lui cherche pas noises. Quelle idiote avait-elle été ! Et puis s'il croyait vraiment qu'elle n'avait pas vu son petit manège, il se fourrait le doigt dans l'oeil ! Rozalia était peut-être impulsive et attirée par lui, mais elle n'était pas complètement aveuglée. Ce n'était pas une donzelle.

Contente d'avoir gagné cette manche-là, la comtesse fit mine de se dégourdir les jambes et passa devant le marquis avant de descendre quelques marches et de s'arrêter.

« Je ne l'ai pas encore demandé, je n'ai pas pu, j'ai préféré vous suivre que d'avoir une audience avec le roi. Je vois déjà d'ici votre petit sourire satisfait. Vous croyez que vous m'avez dans votre poche c'est cela ? Que je ne suis qu'une femme sur qui on dit beaucoup, mais qui fait en réalité si peu ? Je n'aurai pas ce voyage, car je ne le demanderai pas. Mais si vous voulez le vôtre, il va falloir vous montrer un peu moins désagréable et un peu plus collaboratif. »

Tout ceci prononcé dans un ton parfaitement dédaigneux. Rozalia se retourna pour se retrouver en face du marquis, pensant qu'il se trouvait encore en haut. Mais la soudaine proximité lui fit perdre pied quelques secondes. Bien vite la comtesse se ressaisit et continua son petit jeu.

« Allons, la manipulation vous va si mal » fit-elle en passant un doigt sur le torse de Gilbert.

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Lun 25 Fév - 1:00

Gilbert vit bien la réaction de Rozalia lorsqu'il lui posa la question à propos de son mari. Ainsi, la rumeur était vraie? Gilbert, en fait, voulait s'assurer qu'il était vrai que le mari de Rozalia n'était plus de se monde pour ne pas faire une bourde. Ou peut-être pour d'autres raisons... Mais ce genre de cheminement de pensées était encore bien loin, très loin en fait de lui traverser l'esprit.

« Oui, mais, mon mari n'est plus de ce monde. Vous savez, la réputation ... »

Gilbert acquiesca à ces paroles et répondit : «  Oui... Mes condoléances... ». Si la rumeur était vraie, la comtesse de Bathory allait rire encore dans sa barbe de ces paroles. En fait, Gilbert voulait encore tester sa réaction. Cependant, il avait peur que Rozalia ne remarque le sous-entendu. Il était vrai qu'il n'avait pas vraiment prit le soin de le cacher convenablement, erreur de sa part...

Le capitaine ne pouvait pas ne pas remarquer le long regard appuyé que lui lançait Rozalia. Le genre de regard qu'une reine fait à ses sujets pour leurs faire comprendre qu'ils n'avaient absolument aucun pouvoirs sur elle et que, même, elle pouvait leurs en retirer si elle le souhaitait. Gilbert avait déjà comprit ce que Rozalia avait voulu faire sous-entendre, il savait bien qu'elle pouvait avoir le pouvoir d'influencer le roi pour qu'il l'envoit peut-être en Amérique. Gilbert avait comprit tout cela, mais quelque chose l'empêchait de la courtiser soudainement ouvertement et de la laisser gagner... Oui, c'était bien de la laisser gagner qui le répugnait. Peut-être que Gilbert avait autant d'orgueil que l'Hongroise après tout.

« Et vous monsieur, êtes-vous marié ? Je serais bien curieuse de voir votre femme et à quoi elle ressemble. »

Gilbert se retint de ne pas lever les yeux au ciel. Pourquoi cela devait-il tomber dans la conversation? Il est vrai qu'il l'avait cherché en s'informant sur son mari, mais bon... Le capitaine n'avait pas pensé aux répercussions que cela allait avoir.

- « Oui, je suis marié... Mariage de convenance, bien entendu. Elle est ici, à Versailles, mais je vous avouerai que je ne le vois pas très souvent. », fit Gilbert. Espérant que la discussion serait close, mais sincèrement, il en doutait beaucoup.

Lorsque Gilbert demanda à propos de l'audience que Rozalia avait demandé au roi, celle-ci, pendant qu'il parlait, s'était déplacé tranquillement dans les marches pour finir, légèrement plus bas que le capitaine et dos à lui.

- « Je ne l'ai pas encore demandé, je n'ai pas pu, j'ai préféré vous suivre que d'avoir une audience avec le roi. Je vois déjà d'ici votre petit sourire satisfait. Vous croyez que vous m'avez dans votre poche c'est cela ? Que je ne suis qu'une femme sur qui on dit beaucoup, mais qui fait en réalité si peu ? Je n'aurai pas ce voyage, car je ne le demanderai pas. Mais si vous voulez le vôtre, il va falloir vous montrer un peu moins désagréable et un peu plus collaboratif. »

Sur ces paroles, Rozalia se retourna. Cela créa une proximité qui défiait pas mal de convenances de la Cour. Cependant, Gilbert, une fois de plus, ne recula pas d'un poil. En fait, il avait été agréablement surprit, mais il n'allait jamais se l'avouer. Rozalia passa un doigt sur le torse de Gilbert, comme pour raccourcir encore plus la distance entre les deux. « Allons, la manipulation vous va si mal » dit alors Rozalia.

Le capitaine gardait son regard ancré dans celui de l'Hongroise. Les paroles de Rozalia avaient plus captées l'attention du capitaine que la jeune femme ne l'aurait le croyait, en fait. Gilbert se demandait pourquoi Rozalia avait soudainement abandonné l'idée de son voyage alors qu'il y a quelques minutes après, elle attendait dans une salle plutôt inconfortable de le demander. Et en plus, elle semblait vouloir implanter de plus en plus profondément dans l'esprit l'idée qu'elle pouvait l'aider à avoir son propre voyage. Connaissant la réputation de l'Hongroise, Gilbert commençait sérieusement à se demander ce qui allait se tramer dans les coulisses de Versailles à propos de l'Amérique, car si l'Hongroise y attachait tant d'importance, cela ne voulait que dire que son voyage en soit l'intéressait. Bien sûr, Gilbert ne pensait pas que c'était lui, l'homme tout seul, qui intéressait l'Hongroise. L'idée n'avait pas même effleuré son esprit. Bien sûr, il savait que Rozalia s'amusait à le séduire et à le prendre dans ses filets, mais il se disait que c'était bien l'attitude qu'elle avait avec tous les hommes.

Le sourire qui était disparu du visage de Gilbert fut remplacé par un air de profonde attention, les sourcils légèrement froncés : « Vous avez déjà tous les hommes de la Cour, ici. Pourquoi êtes-vous donc si intéressé par moi pour que vous me proposiez de m'aider dans mes projets? Je ne crois pas que vous ayez quelques intentions de le faire, en fait, vous n'y gagneriez rien. Vous n'êtes pas le genre de femmes qui fait des faveurs pour le plaisir. »
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Lun 25 Fév - 22:34

Rozalia ne fit comme si elle n'avait pas entendue la remarque piquante et le sous-entendu bien prononcé de Gilbert. Elle avait en tête une idée bien précise et ne comptait pas se laisser distraire par les piques que lui envoyait le marquis. Elle avait beau le faire aux yeux de tous, pour elle, elle ne s'abaissait pas à ça. Ce qui était en partie vraie. Et ce qu'elle ne savait pas ne pouvait pas lui faire de mal. La comtesse chassa donc la phrase du marquis d'un geste de la main. Et puis, de son côté il n'avait absolument rien à dire. Il n'aimait pas sa femme et semblait la supporter plus qu'autre chose. Et au fond, la jeune femme pensait qu'il devrait accorder plus d'attention à sa femme. C'est vrai quoi, elle avait, elle aussi, vécu cette situation, et elle l'aurait bien mieux supporter si son mari lui avait parlé comme à un humain et pas comme à une jument ! Mais, trêve de sottises, Rozalia n'allait pas s'enquiquiner avec les problèmes des autres. Elle en avait bien assez toute seule.

« Oui, je suis marié... Mariage de convenance, bien entendu. Elle est ici, à Versailles, mais je vous avouerai que je ne le vois pas très souvent. »

La jeune femme accueillit la nouvelle, sans plus. Elle s'y attendait en réalité. Mais le fait qu'il la voit peu l'étonnait. Ne voulait-il donc pas d'héritier ? Tous les hommes sans exceptions en voulaient un. Et ce n'est pas en la voyant une fois tous les mois qu'il allait arriver quelque chose. A moins qu'il se fiche comme d'une guigne d'avoir un bambin et qu'il préférait penser à son voyage. Ce qu'aimait plus Rozalia. L'égoïsme était humain, mais chez certain individu, il était plus évident. Et cela se reflétait dans le regard du marquis. Finalement, peut-être allaient-ils s'entendre.

« Voyons, ne voulez-vous donc pas d'héritier ? Vous savez, ce n'est pas en rendant visite à sa femme très rarement qu'on assure une descendance. »

Après avoir gentiment joué son petit manège bien réfléchit, entre la séduction et la lassitude, Rozalia garda bien longtemps son regard d'encre dans celui de Gilbert. Ils se défiaient, voilà ce qu'ils faisaient. Ils attendaient que l'autre flanche pour avoir terrain libre. Mais le marquis de la Fayette n'aurait pas cette satisfaction avec la comtesse. Elle allait s'en assurer. Et pour cela, elle devait lui faire croire qu'elle avait les cartes en main. Oeil pour oeil, dent pour dent.

« Vous avez déjà tous les hommes de la Cour, ici. Pourquoi êtes-vous donc si intéressé par moi pour que vous me proposiez de m'aider dans mes projets? Je ne crois pas que vous ayez quelques intentions de le faire, en fait, vous n'y gagneriez rien. Vous n'êtes pas le genre de femmes qui fait des faveurs pour le plaisir. »

Rozalia lui offrit un sourire provocateur. Il avait tout deviné. Et en même temps la jeune femme n'avait pas fait grand-chose pour le cacher. Non, quand elle faisait acte de bienveillance pour quelqu'un, elle attendait un retour. Et si elle décidait d'obtenir le voyage pour le marquis de la Fayette, il allait devoir lui donner une chose. Il allait lui faire promesse de sa servitude. Étrange, n'est-ce pas ? Que pourrait bien faire Rozalia des services que pourraient lui rendre Gilbert. Eh bien, pleins de choses en vérité. Car, si elle lui demandait d'aller insulter la comtesse de Polignac pour son bon plaisir, il devrait le faire. Sinon ... Il savait bien ce qui l'attendait. Et il n'était à présent qu'un pion de plus sur l'échiquier de la belle. Gilbert allait lui servir à écraser la reine. Les Anglais détestaient la France et bien que Rozalia ne les portait pas dans son coeur, ils allaient l'aider, eux aussi. Et pour cela, elle devait avoir comme bon prétexte l'Amérique.

« Vous avez raison, je ne fais rien pour le plaisir . Enfin ça dépend ... Malgré tout à quoi pourriez-vous bien me servir. En effet vous n'êtes ni riche, ni influent, la preuve vous avez besoin de moi pour accomplir votre souhait le plus cher. Mais vous avez en vous une certaine ténacité qui mérite récompense. Et si vous voulez ce voyage, il va falloir renoncer à votre indépendance vis-à-vis de moi. Vous ne devrez poser aucune question, mais vous devrez faire tout ce que je vous demanderais. Est-ce clair ? En contre-partie, je vous aiderais dans tous vos projets »

Rozalia rapprocha sa bouche de l'oreille du marquis, une main sagement posée sur son torse et l'autre montant délicatement dans le cou du jeune homme, et lui chuchota : « Alors ? Affaire, conclu? »

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Mar 26 Fév - 17:08

Gilbert se doutait bien que Rozalia serait surprise qu'il ne voit pas sa femme souvent. Il était vrai que tous les hommes de ce monde voulait avoir au moins un héritier, histoire de perpétuer ce qu'ils avaient bâtis. Mais... Cela était bien loin des préoccupations de Gilbert en ce moment. C'est qu'il était encore jeune et surtout, il se passait tant de choses nouvelles dans le monde en ce moment même et il ne voulait en manquer aucune.

- « Oui, ne vous inquiétez pas pour moi, je sais très bien qu'il faut rendre visite à sa femme pour pouvoir avoir une descendance. Cependant, je crains que cette question ne m'intéresse pas autant que les questions politiques. Le monde à tant à offrir en ce moment, je n'ai pas le temps de penser à ma descendance. J'y songerai plus tard... Je suis encore jeune, j'ai le temps devant moi. », répondit Gilbert.

Enfin, le temps... Il savait que celui-ci pressait un peu. Habituellement, c'était dans les premières années de mariage que les jeunes gens avaient leurs enfants. Cependant, il se disait que dans un an ou deux, ses péripéties en Amérique, si toutefois elles existaient, allaient être terminées et là il pourrait penser à la perpétuation du nom La Fayette.

Lorsque Gilbert dit franchement ce qu'il pensait des intentions de Rozalia de l'aider dans son projet d'aller en Amérique, celle-ci lui offrit une réponse qui le surprit. Mais il devient bien s'y attendre, Rozalia ne semblait jamais manquer d'idées pour aider ses propres intérêts.

« Vous avez raison, je ne fais rien pour le plaisir . Enfin ça dépend ... Malgré tout à quoi pourriez-vous bien me servir. En effet vous n'êtes ni riche, ni influent, la preuve vous avez besoin de moi pour accomplir votre souhait le plus cher. Mais vous avez en vous une certaine ténacité qui mérite récompense. Et si vous voulez ce voyage, il va falloir renoncer à votre indépendance vis-à-vis de moi. Vous ne devrez poser aucune question, mais vous devrez faire tout ce que je vous demanderais. Est-ce clair ? En contre-partie, je vous aiderais dans tous vos projets »

Puis, se rapprocha si près de lui qu'il sentait son souffle sur sa joue, elle lui murmura à l'oreille :  «Alors ? Affaire, conclu? »

Si la comtesse n'avait pas été une femme, Gilbert l'aurait assurément repoussé avec rudesse. Ce marché était de la pure folie! Lui, donner son indépendance à une femme avec des idées aussi tordues qui pourrait faire ce qu'elle voudrait de lui? Mais le marquis devait bien s'avouer que le contact avec Rozalia avait été des plus agréables. C'est que... Mis à part ces idées tordues, le capitaine éprouvait tout de même une certaine attirance envers l'Hongroise. Elle était une femme d'une grande beauté et ce caractère... Il aurait fait n'importe quoi pour que sa femme ait un caractère aussi fort et qu'elle lui donne ainsi la réplique aussi facilement. Mais bon, il pouvait toujours rêver.

Gilbert tourna son regard pour croiser celui de Rozalia et évalua quelques instants la proposition. Il savait que l'Hongroise avait certainement les moyens de lui obtenir ce voyage et si ce n'était d'elle, il pouvait tout simplement l'oublier. Et puis... Si cela fonctionnait, dans quelques mois il n'aurait plus à faire tous les caprices de cette femme puisqu'il serait en Amérique. Le capitaine tendit donc la main vers Rozalia pour qu'elle la sert, comme on scellait les ententes politiques ou économiques, car après tout... Malgré les apparences, s'en était un peu une.

- « Marché conclu. », fit simplement La Fayette, son regard verrouillé à celui de la comtesse.
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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Mar 26 Fév - 23:18

Elle allait gagner, elle le savait au plus profond d'elle-même. Rozalia avait toujours eu une sorte d'intuition pour ces choses-là. Lorsqu'une personne était sur le point de céder à un de ses « caprices », elle le voyait venir directement. Paf, comme ça. Et puis, elle faisait habituellement comme si elle ne s'y attendait pas. Avec une innocence magnifiquement feinte. La jeune femme avait donc pris l'habitude depuis sa plus jeune enfance d'obtenir tout ce qu'elle désirait. Et cette fois encore, son flair ne lui indiquait plus que quelques secondes avant que le marquis ne flanche. De plus, elle ne faisait qu'accentuer la tentation en se rapprochant excessivement de lui.

Sa main gantée ne faisait que monter d'avantage dans le cou du marquis, créant chez Rozalia une envie bien spéciale. Elle provoquait le désir chez les gens, mais inconsciemment chez elle également. Elle se faisait prendre à son propre jeu en quelques sortes. Et puis le sexe était pour l' hongroise un moyen de consolation et de chantage. Elle était belle et sensuelle. Chose rare. Les hommes la voulaient peur eux. La comtesse acceptait en échange de quelques menus services. Rien de bien grave. Contrairement à ce qu'elle était en train de demander ouvertement au marquis. Elle le voulait et elle allait l'avoir. Son sourire moqueur avait, à présent, disparu de ses lèvres et Rozalia voyait bien qu'il réfléchissait.

Le regard de Gilbert vint se sceller à celui de la jeune femme. Ils restèrent un long moment ainsi. Tout deux ne disaient mots. La tension était déjà bien assez palpable comme ça. Les mots n'auraient fait que casser l'ambiance de défis et de réflexion qui s'était instaurée entre les deux jeunes gens. Rozalia se rendit compte en observant bien le marquis qu'il ne devait pas exceller les vingts ans. Le même âge qu'elle lorsqu'elle était arrivée à Versailles après avoir froidement assassiné son mari. Le pauvre n'avait même pas commencé à sa vie qu'il prévoyait déjà de partir pour l'Amérique. Que lui était-il arrivé dans son enfance pour qu'il puisse désirer autant voyager pour une contrée si lointaine ? Il devait y avoir au moins six mois de trajet en bateau et ne parlons pas des tempêtes qui risquaient de faire renverser le navire. Que ce jeune aventurier veuille à ce point donner de lui pour son projet fit sourire davantage Rozalia. Elle trouvait ça si ... touchant.

C'est enfin La Fayette qui vint briser le silence tendu en se reculant légèrement de la belle pour lui tendre la main. Comme s'ils scellaient un traité de paix après la guerre.

« Marché conclu. »

Tut tut tut. D'accord, leur contrat était désormais accepté des deux côtés, mais la confirmation allait se faire comme Rozalia l'avait décidé. La jeune femme serra donc délicatement la main de Gilbert et la tira davantage vers elle pour se rapprocher de l'homme. Elle lui donna un baiser sur la joue gauche, puis sur la joue droite et enfin sur la bouche. Un simple effleurement des lèvres. Une petite formalité, rien de plus, rien de moins. Leur rencontre prenait à présent fin et il était tant pour Rozalia de commencer à remplir sa part du contrat. Remontant d'une marche pour se démarquer du marquis, elle lui fit une dernière révérence.

« Je suis heureuse que vous ayez accepté et je serais volontiers resté là à bavarder, mais il est à présent l'heure pour moi de vous quitter et d'honorer ma part. J'attends que vous fassiez de même de votre côté en fricotant avec les dames de la reine et en obtenant pour moi, des informations sur cette dernière. Des lettres si possible ! »

Elle posa un doigt sur ses lèvres.

« Chuuut. Pas de questions rappelez-vous. »

Sur ce elle repartit vers les appartements du roi.

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MessageSujet: Re: ► Un sentiment de déjà vu ft Gilbert {LES ESCALIERS} Ven 1 Mar - 17:50

Dès qu'il accepta l'offre de Rozalia, Gilbert se demandait si c'était la bonne décision. Après tout, cette femme semblait assez tordue et qui sait ce qu'elle pouvait bien lui demander de faire? Mais il était trop tard, le pacte était scellé et puis... Si c'était à refaire, le capitaine prendrait assurément la même décision, puisqu'il était prêt à tout faire pour pouvoir obtenir son voyage dans les contrées lointaines des Amériques.

Gilbert avait tendu sa main à Rozalia pour qu'elle la sert, ce qu'elle avait fait. Mais cela ne semblait pas assez pour l'Hongroise. Elle l'attira vers elle, sa main toujours dans la sienne et déposa un baiser sur les deux joues de Gilbert. La Fayette en fut grandement surprit, mais il le fut plus encore lorsque Rozalia effleura ses lèvres des siennes, en un baiser des plus légers. Quel était donc cette façon de conclure un accord? Gilbert devait décidément s'attendre à tout avec cette femme...

Mais quelque chose l'avait également chicoté avec ce geste de la comtesse. C'est que... Il avait cru ressentir quelque chose lorsqu'elle l'avait embrassé. Certes, ça n'avait été qu'un petit baiser de rien du tout, mais cela avait... plu au capitaine. Gilbert se traita intérieurement de fou d'avoir de telles idées alors que la femme qui était devant lui ne semblait penser qu'en fonction de ses intérêts et de ses propres plaisirs. Gilbert chassa donc cette sensation qu'il avait eu au contact des lèvres de l'Hongroise sur les siennes et garda cet air à la fois impassible et déterminé.

Rozalia se détourna alors de lui pour monter quelques marches, ce qui faisait qu'elle le regardait maintenant de haut.

« Je suis heureuse que vous ayez accepté et je serais volontiers resté là à bavarder, mais il est à présent l'heure pour moi de vous quitter et d'honorer ma part. J'attends que vous fassiez de même de votre côté en fricotant avec les dames de la reine et en obtenant pour moi, des informations sur cette dernière. Des lettres si possible ! »

Gilbert fronça les sourcils. Certes, il était bien capable de « fricoter » avec les dames de la reine. De plus, il savait bien que son apparence, qui n'avait rien de repoussante, pourrait l'aider dans ce but, mais ce n'était pas lui de créer de faux semblants. Quoiqu'il devrait peut-être s'y mettre s'il voulait avoir plus de poids dans cette Cour. Après tout, il semblait que c'était ainsi que ça fonctionnait. Et le capitaine était un homme d'honneur, il venait de s'engager à conclure sa part du marché et il le ferait.

« Quel genre d'informations voulez-vous sur la reine? », demanda Gilbert, question de trouver exactement ce que l'Hongroise voulait.

Mais La Fayette avait à peine prononcé ces mots que Rozalia posa un doigt sur ses lèvres et lui dit :
-« Chuuut. Pas de questions rappelez-vous. »

Puis, Rozalia remonta les marches pour partir vers les appartements du roi. Une fois le dos de l'Hongroise tourné, Gilbert leva les yeux au ciel. Non, mais si elle voulait qu'il lui fasse un service, il fallait qu'il sache ce qu'elle voulait! Il ne savait même pas quelle genre d'information elle voulait! Mais bon... Il allait s'arranger pour trouver des informations compromettantes sur la reine. Et on disait que les dames de sa Majesté étaient assez jolies... Qui sait, cela allait peut-être être une partie de plaisir pour le capitaine!
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